L’alimentation fait partie des piliers essentiels de la santé. Manger local et de saison est un retour au bon sens : consommer ce que la nature nous offre selon les besoins du corps et du climat, dans le respect de notre équilibre intérieur. Les aliments frais, bruts, peu transformés sont considérés comme des sources directes de vitalité. Ils nous relient à la terre et participent à notre juste harmonie.

Mais autour de moi, dans ma famille, chez mes amis, clients, une même idée revient souvent : « bien manger » serait un luxe. Un luxe réservé aux gens qui ont les moyens, qui n’ont que cela à penser ou la chance d’avoir été « éveillés ». Il faut bien l’admettre, de nos jours, faire ses courses pèse lourd dans le budget. Alors, quand on parle en plus de consommer bio, circuits courts, produits frais pour toute une famille, cela peut vite sembler inaccessible, presque réservé à une certaine classe sociale.

Et pourtant… En tant que marseillaise, née dans une famille dont l’histoire traverse plusieurs pays, avec des traditions issues de cultures méditerranéennes, j’ai grandi entourée de personnes venues de tous horizons. Cette diversité, je la vois chaque jour. Et quand on y regarde de plus près, dans nos traditions respectives, nos façons de préparer, assaisonner, combiner les aliments : tout cela porte en soi une sagesse profondément ayurvédique. Nos grands-mères savaient équilibrer les repas, adapter les saveurs aux saisons, choisir le moment juste pour cuisiner certaines choses.

Si on regarde bien, c’est avec la standardisation, la modernisation et le colonialisme en premier lieu que nous avons perdu le lien avec le vivant. L’intelligence culinaire s’est dissoute dans des bouillons cubes, le sucre industriel, les farines blanches raffinées qui supplantent aux céréales bienfaisantes, l’huile végétale raffinée remplaçant des huiles locales pures et vivantes.
Ces pratiques ont effacé les mijotages longs, nourris d’épices, de patience, et de savoirs transmis de génération en génération.

Ce savoir n’a pas disparu. Il a été peu à peu dévalorisé, parfois folklorisé, étiqueté « cuisine du monde », à mesure que des modèles alimentaires standardisés imposés par une industrie qui vend de la nourriture « vide et toxique » prenaient sa place.

Ainsi, s’intéresser aux traditions culinaires, c’est rendre hommage, respecter et honorer ce que les sagesses anciennes ont à nous délivrer.

Et si bien manger, ce n’était pas une question de moyens, mais une question de raviver une mémoire collective ?
Réapprendre à cuisiner simplement, avec conscience, ce serait déjà un acte de résistance, une manière de reprendre contact avec la nature et nos racines.

Défendre une alimentation vivante aujourd’hui, ce n’est pas être puriste ou dogmatique. Pour moi, c’est refuser un système qui nous coupe du bon sens, du corps et du vivant. Revenir à l’essentiel n’est donc pas un retour en arrière. C’est un acte de résistance.

Dans un monde qui vacille et semble parfois perdre le sens, heureusement que des voix s’élèvent, que des personnes militent et dénoncent avec détermination.
Leur engagement est essentiel pour préserver notre santé, notre bien-être, et ce lien précieux à notre humanité.

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